De l’humilité du thérapeute

TRETIAKOFF

Le Rêve Éveillé Libre est l’expérience d’une liberté entre deux mondes.  « Nous sommes réels et ne sommes pas des symboles…libre à toi de nous qualifier de  symboles…mais nous sommes exactement aussi réels que tes semblables. Tu n’infirmes rien  et ne résous rien en nous qualifiant de symboles. Nous sommes bel et bien ce que tu  qualifierais de réel ». ( Voyage dans le monde inférieur de Carl Gustav JUNG)  Dans le Rêve Éveillé Libre, l’imaginaire est le ferment d’une réalité à vivre. Et comme  « Emilie Jolie » se plaît à le dire : « Mieux vaut vivre ses rêves que de rêver sa vie ».  Une harmonisation des axes espace/temps s’opère derrière nos paupières closes et nous  devenons, pendant la séance de rêve, le spectateur privilégié d’un futur à portée de main.  Cette main, c’est la nôtre, « elle est au bout de notre bras». Transformer sa vie demande  une implication et une acceptation à se laisser emporter.  L’accompagnant n’est pas un magicien et toutes les propositions de thérapie qui promettent  des changements sans effort s’adressent à des enfants qui ne veulent pas devenir adultes.   Être thérapeute est un métier qui requiert de nombreuses compétences. La première est  l’humilité… « Si je veux réussir à accompagner un être vers un but précis, je dois chercher là  où il est, et commencer là, justement là. Celui qui ne sait pas faire cela se trompe lui-même  quand il pense qu’il peut aider les autres. Pour accompagner un être, je dois, certes  comprendre plus que lui, mais d’abord comprendre ce qu’il comprend. Si je désire avant tout  montrer ce que je sais, c’est que je suis orgueilleux et que je cherche à être admiré de l’autre  plutôt que de l’aider. Tout soutien commence avec l’humilité devant celui que je veux  accompagner. C’est pourquoi, je dois comprendre qu’aider n’est pas vouloir maîtriser mais  vouloir servir. Si je n’y arrive pas, je ne puis aider l’autre ». (Søren KIERKEGAARD)  En Rêve Éveillé Libre, le thérapeute respecte les symboles déposés par la rêveuse/ le rêveur.  L’humilité s’invite, une autorisation est donnée à la relation thérapeutique. Différemment, le  symbole est contraint au silence, la passerelle entre les deux mondes s’effondre, et  l’accompagnant a négligé l’essentiel : « C’est à un combat sans corps qu’il faut te préparer, tel  que tu puisses faire front en tout cas, combat abstrait qui au contraire des autres s’apprend par  rêverie. » ( Henri MICHAUX )

Nadjejda Tretiakoff

article aq-rel.com

X