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DÉPASSER LE RESSENTIMENT POUR SAUVER LA DÉMOCRATIE

Marie-Pierre TOUTAIN
3 février 2022

DÉPASSER LE RESSENTIMENT POUR SAUVER LA DÉMOCRATIE

 Ci-gît l’amer. Guérir du ressentiment, Cynthia Fleury, Gallimard, 2020.

Dans ce dernier ouvrage, la philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury, propose de sauver la démocratie en soignant du ressentiment.

Dans une société de plus en plus incertaine, dénarcissisante et insécurisante, nombre d’entre nous, en effet, sont traversés par des pulsions ressentimistes qui les enferment dans une position victimaire, ce qui se traduit, dans l’espace social, par la binarisation des débats publiques, le succès des thèses conspirationnistes ou encore l’exaltation de la violence.

A plus ou moins long terme, c’est donc le fascisme qui risque de s’imposer.

Pour y échapper, l’autrice rappelle d’abord la liberté fondamentale de chaque être, ou plutôt, pour être juste, elle la pose, mais comme un préalable nécessaire à toute vie digne de ce nom et comme une fiction indispensable à toute action collective. En tant que psychanalyste formée aux sciences humaines, je ne peux que la suivre sur ce point. Comme dirait Sartre dans Saint Genet, comédien et martyr : « L’important n’est pas ce qu’on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-même de ce qu’on a fait de nous. » Nous ne sommes donc pas condamnés au ressentiment.

C’est pourquoi Cynthia Fleury propose de le dépasser et de le sublimer : individuellement, par un travail (psych)analytique et critique qui permette au sujet de retrouver sa puissance d’agir et de s’engager politiquement ; collectivement, par une refonte complète des politiques publiques. Puisque nous vivons dans un État démocratique dont l’objectif n’est pas simplement de gérer des droits mais également de prendre soin des individus, elle demande que la santé, la culture et l’éducation deviennent enfin les premiers soucis du souverain.

Si cette dernière voie semble malheureusement mal engagée pour l’instant,  il nous reste encore la première : tuer « le moi fasciste » (W. Reich) qui réside potentiellement en chacun de nous et devenir le changement que nous voulons voir dans le monde (Gandhi).

A défaut de lire cet ouvrage, je vous encourage à écouter cette interview de Cynthia Fleury sur France Culture :

https://www.franceculture.fr/emissions/linvitee-des-matins/depasser-le-ressentiment-pour-sauver-la-democratie-avec-cynthia-fleury

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