Historique

Le Rêve Éveille Libre est une méthode thérapeutique créée par Georges ROMEY, elle puise ses sources dans la tradition psychanalytique, notamment par Carl Gustav Jung, le fondateur de la psychologie des profondeurs, qui lève le voile sur le rôle et la puissance des images que nous suscitons. Néanmoins, elle se distingue par ses aspects pragmatiques, favorisant l’expérience et l’observation plutôt que le cadre théorique.

Voici une rapide présentation de la genèse du Rêve Éveille libre.

En 1923, un ingénieur, Robert Desoille, assiste à des expériences menées par un médecin militaire dans le but d’étudier le fonctionnement de l’imaginaire sur des personnes ayant absorbé des produits hallucinogènes. Desoille s’interroge sur l’opportunité d’user de ces produits pour activer l’imaginaire. Il réalise une série d’essais : des personnes allongées sont simplement invitées à décrire les visions que leur imagination leur propose. Les résultats confirment l’hypothèse de Desoille : l’émergence de l’imaginaire est une chose naturelle dès lors que le sujet accepte de s’immerger dans le monde des images, sans qu‘il soit utile de faire appel à des psychotropes.

Robert Desoille se rend vite compte que toutes les personnes placées dans cette situation, quels que soient leur sexe, leur âge et leur niveau culturel, rencontrent les mêmes images – les archétypes décrits par C.G. Jung. Il propose alors au rêveur d’aller à la rencontre d’une image choisie par lui au début du rêve et intervient fréquemment pendant le rêve, par des suggestions d’images ou de mouvements (monter ou descendre, par exemple). Ce protocole lui suggère très logiquement l’appellation de Rêve éveillé dirigé.

C’est sous cette forme qu’en 1952, Georges Romey, 22 ans alors, fera une cure de rêve éveillé, sous la conduite de Roger Lenoble. Pour le jeune homme, c’est une révélation. Il découvre la puissance réparatrice des images et sent naître, après quelques séances, une double vocation : celle de se placer aussi, un jour, dans la position du thérapeute et celle de faire une recherche systématique sur le sens des symboles. À cette époque, il n’existe aucun ouvrage sérieux rassemblant les connaissances symboliques – le  fameux « Dictionnaire des symboles » de J. Chevalier et A. Gheerbrant, ne paraîtra que de vingt ans plus tard.

Sur le conseil de Roger Lenoble, Georges Romey, s’inscrit au CNAM où il reçoit une formation d’ingénieur. Il développe alors une carrière de consultant industriel. En 1980, il fait le premier pas inspiré par sa vocation de thérapeute et prend en charge un patient auquel il propose une démarche de rêve éveillé strictement non directif. Cette disposition répond au besoin de disposer d’un « matériau » pur de toute induction volontaire du thérapeute. L’étude scientifique de la valeur des symboles l’exige ! Très naturellement, il nomme sa méthode le Rêve éveillé libre.

Cette expérience non directive se révèle d’une remarquable efficacité. Le travail de Georges Romey, qui porte aujourd’hui sur plus de douze mille séances, lui permet d’affirmer qu’elle dissout les séquelles de traumatismes variés sur une période relativement brève, généralement inférieure à une année, au rythme de deux séances mensuelles.

Plus de 250 praticiens de la relation d’aide (psychothérapeutes, médecins, psychiatres, etc.) ont reçu la formation qui leur permet d’accueillir des patients en rêve éveillé libre. Environ 150 d’entre eux ont adopté cette méthode comme principale, voire unique approche thérapeutique.